Samedi 7 août
Main StageAprès une courte nuit de repos, la deuxième journée de ce Reggae Geel 2010 se révèle tout à fait différente de la première tant sur le plan musical que météorologique.
Car si la première journée s’est déroulée sous un soleil de plomb, la seconde sera perturbée par la pluie qui viendra arroser régulièrement les festivaliers !
Après avoir suivi d’une oreille plus ou moins attentive les premiers groupes s’étant produits depuis le début de l’après midi, direction le devant de la scène pour applaudir le collectif Inna de Yard ou « l’expérience » inna de Yard comme le dit Kiddus I.
Une expérience réussie au vue du spectacle donnée par les différentes générations réunies cet après midi. Sur cette tournée 2010, le légendaire Clinton Fearon (The Gladiators) est venue prêter main forte au grand Earl « China » Smith.
Ce dernier débute le show par un solo de guitare mais sera vite rejoint par l’ensemble de ses compères et notamment Cédric « Congo » Mython, premier à se placer derrière le micro.
Ce sera ensuite le tour de Derajah qui chantera deux titres dont son très bon « Wo Yeah Yah » repris en cœur par l’audience. Kiddus I prendra la suite, acclamé par le public, il interpretera entr’autres « No Salvation » et biensûr l’énorme hit « Graduation in Zion » encore meilleur dans sa version acoustique que l’original.
Matthew Mc Anuff parviendra à maintenir l’intensité du spectacle grâce à un solide « Be Careful » suivi d’une excellente reprise du titre « 80.000 careless ethiopians » de Jacob Miller.
Le fils de Winston a pris de l’assurance depuis ses premiers concerts en Europe, il interprète donc cette chanson de manière énergique en courant sur la scène du Main Stage.
Entre temps Clinton Fearon fera une apparition remarqué avec sa guitare et son hit tune « Chatty Chatty Mouth »
Le spectacle se termina de fort belle manière grâce à Cédric Mython, son « Row Fisherman Row » reçoit un des plus gros forward du festival : pull up obligatoire ! Durant ce titre les premières gouttes de pluie font leur apparition sur le Reggae Geel donnant encore plus d’intensité à cet excellent moment partagés avec le membre du groupe The Congos.
C’est assurément un concert de très grande qualité que nous ont donnés les membres d’Inna de Yard, on comprend aisément un tel succès surtout après avoir vu le groupe sur scène.
Mais nous n’avons encore rien vu et allons de surprise en surprise. Et cela commence avec le show donné par Lutan Fyah.
Après le très bon mais trop court concert donné au Summerjam, il était intéressant de voir ce qu’il réservait pour le Reggae Geel. Et ce fut une excellente surprise : nous avons eu droit à un Lutan Fyah en forme olympique !
Pourtant cela commença mal avec une introduction de concert changée : l’homme arrive posant tranquillement sur un riddim assez calme. Pas d’entrée tonitruante donc. Qu’à cela ne tienne, il interprète tout de même « Never Stop Hailing Rastafari » : nous voici donc rassurés.
Il alternera ensuite des titres anciens et d’autres plus récents, très récents même avec son « Come Over » sur le Major Riddim de Don Corleone. Il chantera en outre « Blessings » ou encore l’excellent « Nuh Talk ». Lutan nous gratifie aussi de quelques classiques comme « Blood Stain », « Rasta Still Deh Bout » ou « When me Rise It ».
Le jamaïcain semble très heureux d’être là et semble en grande forme, son jeu de scène est dynamique et saute de manière très énergique à chaque phase de « mix ». Son énergie est à son paroxysme lorsqu’il interprète « Bits and pièces » qui en deviendrait presque un titre dancehall. En parlant de dancehall, il posera avec brio sur un riddim de ce type.
Le Bobodread enchantera même les fans,trempés par la pluie, en interprétant « Inequity Worker Congregation » ou «Selassie Watch Over Me». Devant une telle avalanche de titre, le timing du festival en prend un coup et les organisateurs ne parviennent pas à éteindre le « Fyah ». Ce qui n’a pas été pour nous déplaire, Lutan ayant ici fait preuve de tout son talent épaulé par un band plutôt bon malgré des choix de sonorités étranges au clavier sur certains morceaux.
Ce n’est donc pas sans difficulté que le speaker parvient à reprendre le micro pour annoncer le prochain groupe à se présenter sur la scène du Reggae Geel, il s’agit de Toots and The Maytals.
Le groupe tourne énormément et ce partout dans le monde mais le spectacle est toujours de grande qualité. Une fois de plus et même si sa voix flanche par moments, Toots Hibberts donna le meilleur de lui-même. Il ravira le public en nous offrant les meilleurs titres de son répertoire. Il arrive donc sur le très bon « Pressure Drop », puis interprète tour à tour des titres tels que « Bam Bam », « Funky Kingston » ou « Louie Louie ».
Les massives du Reggae Geel sont attentifs et réactifs sur tous les morceaux en reprenant à chaque fois le refrain : grosse ambiance. Le clou du spectacle sera évidemment « 54-46 » dans une version longue de plus de dix minutes. « Give it to me … one time : Hey ! » toujours sous une pluie battante mais malgré cela, ce fut un très grand moment grâce à Toots et son excellent groupe, The Maytals.
A peine le temps de nous reposer que c’est au tour de Dean Fraser et du Black Soil Band d’occuper la grande scène du Reggae Geel. Légendaire saxophoniste Dean Fraser nous fait une petite démonstration de son talent avant d’accompagner l’excellent Tarrus Riley pour ce qui fut le concert majeur de ce festival.
Il débute son show par un très prenant « Lion Paw » et enchainera ensuite un nombre impressionnant de hits comme « Love Contagious », « Beware », « Start a New » ou encore « She’s Royal ». Tarrus Riley est un véritable artiste à n’en pas douter et son Black Soil Band joue à la perfection.
Il effectuera ce soir là une excellente prestation devant une foule conquise. La nuit est tombée sur le Reggae Geel et des centaines de briquets s’allument lors du titre « Far Away ».
Le fils de Jimmy Riley fait participer le public qui reprend en chœur ses chansons, de nombreuses personnes sont venus pour son show, la foule devant la grande scène est immense. Le temps passe très vite tant le spectacle est de qualité, c’est déjà presque la fin du concert, le nouveau prince du reggae nous quitte sur l’un de ses titres les plus connus « Good Girl Gone Bad » puis reviens pour un rappel plus posé avec le sublime « Africa Awaits », tout simplement magique. De par son talent et son charisme il effectue pour moi le meilleur concert de ce festival !
C’est ensuite à Israel Vibrations d’occuper le Main Stage, mais la fatigue se faisant ressentir, j’ai préféré aller me restaurer et me reposer un peu écoutant ce concert d’une oreille distraite, je ne peux alors dire grand-chose sur ce concert si ce n’est que de nombreux fans étaient venus applaudir le groupe.
C’est donc Bunny Wailer qui aura l’honneur de clôturer ce Reggae Geel 2010, il arrive vêtu d’une sublime (ou ridicule, c’est selon vos goûts) tenue de prophète au rythme du nyabinghi « Rastaman Chant » de Marley. L’ombre de Bob plane sur ce concert puisque Bunny chantera de très nombreux titres des Wailers, et notamment un superbe « Simmer Down », et surtout de Bob Marley allant de « Three Little Birds » à « No Woman No Cry ». Cependant il interprètera ses propres titres comme par exemple le hit « Blackheart man ».
A noter l’excellente qualité du Solomonic orchestra et en particulier sa section cuivre. Bunny semble en forme et offre une très belle démonstration de son talent mais cela ne suffit pas, l’enchainement de reprises de Bob me fatigue un peu, direction donc le Bounce Dancehall.
C’est donc le fameux sound system new-yorkais King Addies qui se produit devant un Bounce Dancehall plein à craquer malgré la présence de Bunny Wailer sur la grande scène. Il est tard dans la nuit et la sélection de Baby Face est clairement orienté dancehall !
Enfin pour terminer, rapide passage au show de Kanka en compagnie du singjay français Biga Ranx qui feront trembler le 18inch Corner, pour le plus grand plaisir des amateurs à la fois de dubstep et de ragga : ainsi s’achève le Reggae Geel 2010.